Le texte suivant a été publié dans La Tribune le 27/12/2010.
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Les postes offerts en France aux chercheurs véritablement actifs ont vu leur attractivité baisser considérablement au cours des dernières décennies, et les progrès récents restent modestes. La fuite des cerveaux est une inquiétude récurrente pour qui s'intéresse à la recherche et à l'enseignement supérieur. Les conditions matérielles médiocres offertes aux chercheurs actifs en France justifient la crainte de départs massifs, mais une observation attentive conduit à nuancer le diagnostic.
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lundi 27 décembre 2010
vendredi 17 septembre 2010
Pourquoi tant de médaillés Fields sont français
Article paru dans La Tribune, 16/9/2010.
Version pdf. Version publiée.
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Le 19 août dernier, deux mathématiciens français, Ngô Báo Châu et Cédric Villani, ont reçu la médaille Fields, analogue du prix Nobel pour les mathématiciens de moins de 40 ans. Un autre, Yves Meyer, recevait le prix Gauss, réputé le prix le plus prestigieux pour les mathématiques appliquées. Ces attributions complètent une série impressionnante : depuis vingt ans, 18 médailles Fields ont été attribuées, dont 7 à des mathématiciens travaillant en France. Si la France avait reçu depuis vingt ans la même proportion de prix Nobel scientifiques, elle en aurait obtenu 69 sur 178 distribués (au lieu de 7). Si le même succès était obtenu dans les technologies innovantes, une entreprise au moins parmi Apple, Google et Microsoft serait française.
Version pdf. Version publiée.
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Le 19 août dernier, deux mathématiciens français, Ngô Báo Châu et Cédric Villani, ont reçu la médaille Fields, analogue du prix Nobel pour les mathématiciens de moins de 40 ans. Un autre, Yves Meyer, recevait le prix Gauss, réputé le prix le plus prestigieux pour les mathématiques appliquées. Ces attributions complètent une série impressionnante : depuis vingt ans, 18 médailles Fields ont été attribuées, dont 7 à des mathématiciens travaillant en France. Si la France avait reçu depuis vingt ans la même proportion de prix Nobel scientifiques, elle en aurait obtenu 69 sur 178 distribués (au lieu de 7). Si le même succès était obtenu dans les technologies innovantes, une entreprise au moins parmi Apple, Google et Microsoft serait française.
mardi 20 avril 2010
Le grand emprunt peut être une chance pour la recherche
Texte paru le 20/4/2012 dans La Tribune.
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Le grand emprunt va apporter un capital d'au moins 18 milliards d'euros au monde académique. Ce montant est d'autant plus important que les difficultés budgétaires actuelles n'augurent guère d'augmentation future des dépenses de l'État. Bien utilisés, ces crédits pourraient améliorer l'efficacité de l'ensemble de la recherche et de l'enseignement supérieur en France. Une partie importante de ce budget - plus de 10 milliards d'euros - sera attribuée à des "campus" et "laboratoires d'excellence". Ceci s'inspire de "l'endowment" des universités nord-américaines : des capitaux accumulés grâce aux dons, surtout des anciens élèves. Ils sont considérables pour quelques universités - jusqu'à 2 millions de dollars par étudiant à Princeton - mais sont en général faibles pour les autres "colleges". Ce système n'est pas l'élément le plus intéressant du système américain. Il est créateur d'inégalités, voire de distorsions de la compétition entre établissements. Les universités les plus riches paraissent massivement surdotées, sans que leur enseignement ou leur recherche soient obligatoirement meilleurs que ceux des grandes universités d'État aux moyens beaucoup plus limités. Le dynamisme de la recherche aux États-Unis doit probablement beaucoup plus au système national de financement des projets.
Pour éviter ces défauts, le mécanisme de sélection des "laboratoires" et des "campus d'excellence" devra éviter de sembler décréter l'excellence, avec le risque de favoriser non pas les meilleurs chercheurs mais les plus proches du pouvoir. Il faudrait pour cela des règles d'attribution claires, basées sur des évaluations scientifiques indiscutables, et qui autorisent la reconnaissance d'équipes d'excellence y compris dans de petites universités. Pour garder un caractère incitatif, les moyens attribués devraient l'être pour une période limitée, suivie d'une redistribution des cartes.
Les "campus d'excellence" présentent des difficultés spécifiques. Il sera difficile de s'assurer dans ces grands ensembles d'une bonne utilisation des fonds, incitative et concentrée sur les équipes véritablement dynamiques. La question de leur gouvernance prend donc une importance centrale. Deux dangers guettent : un partage "démocratique" des ressources suivant les rapports de force locaux, sans effet incitatif, attribuant beaucoup à des équipes sans réelle visibilité internationale. Et, à l'opposé, l'apparition de potentats locaux tirant leur pouvoir du contrôle de budgets importants, ce qui ouvrirait la porte aux pires dérives mandarinales.
L'observation d'exemples étrangers suggère bien sûr des pistes pour créer les outils de gouvernance nécessaires. Mais les milieux académiques français manquent de maturité dans ce domaine ; même les règles de déontologie élémentaires n'y sont pas encore toujours appliquées. Attribuer des financements considérables en fonction du respect de règles de gouvernance qui n'ont été ni clairement énoncées ni comprises et intégrées serait problématique. D'autres règles pourraient être recommandées aux futurs "campus d'excellence".
Le respect d'un niveau élevé de mobilité au moment des recrutements, par exemple, est nécessaire pour assurer la circulation et le renouvellement des idées. Elle assurerait aussi que les campus d'excellence profitent à l'ensemble du système académique français, les autres centres pouvant recruter les jeunes chercheurs qui y sont formés. On peut regretter aussi le choix exclusif de financements attribués sur des bases géographiques. Dans certaines disciplines bien structurées, des réseaux nationaux, qui sélectionnent les initiatives d'excellence où qu'elles se trouvent, mèneraient certainement à une utilisation plus efficace des moyens.
Pour éviter ces défauts, le mécanisme de sélection des "laboratoires" et des "campus d'excellence" devra éviter de sembler décréter l'excellence, avec le risque de favoriser non pas les meilleurs chercheurs mais les plus proches du pouvoir. Il faudrait pour cela des règles d'attribution claires, basées sur des évaluations scientifiques indiscutables, et qui autorisent la reconnaissance d'équipes d'excellence y compris dans de petites universités. Pour garder un caractère incitatif, les moyens attribués devraient l'être pour une période limitée, suivie d'une redistribution des cartes.
Les "campus d'excellence" présentent des difficultés spécifiques. Il sera difficile de s'assurer dans ces grands ensembles d'une bonne utilisation des fonds, incitative et concentrée sur les équipes véritablement dynamiques. La question de leur gouvernance prend donc une importance centrale. Deux dangers guettent : un partage "démocratique" des ressources suivant les rapports de force locaux, sans effet incitatif, attribuant beaucoup à des équipes sans réelle visibilité internationale. Et, à l'opposé, l'apparition de potentats locaux tirant leur pouvoir du contrôle de budgets importants, ce qui ouvrirait la porte aux pires dérives mandarinales.
L'observation d'exemples étrangers suggère bien sûr des pistes pour créer les outils de gouvernance nécessaires. Mais les milieux académiques français manquent de maturité dans ce domaine ; même les règles de déontologie élémentaires n'y sont pas encore toujours appliquées. Attribuer des financements considérables en fonction du respect de règles de gouvernance qui n'ont été ni clairement énoncées ni comprises et intégrées serait problématique. D'autres règles pourraient être recommandées aux futurs "campus d'excellence".
Le respect d'un niveau élevé de mobilité au moment des recrutements, par exemple, est nécessaire pour assurer la circulation et le renouvellement des idées. Elle assurerait aussi que les campus d'excellence profitent à l'ensemble du système académique français, les autres centres pouvant recruter les jeunes chercheurs qui y sont formés. On peut regretter aussi le choix exclusif de financements attribués sur des bases géographiques. Dans certaines disciplines bien structurées, des réseaux nationaux, qui sélectionnent les initiatives d'excellence où qu'elles se trouvent, mèneraient certainement à une utilisation plus efficace des moyens.
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